Pourquoi une assurance collective nationale

Pour que le communautaire ne rime plus avec misère

Le Centre de formation populaire (CFP) et Relais-femmes ont publié en 2005 une enquête sur les avantages sociaux dans les organismes communautaires intitulée : « Pour que travailler dans le communautaire ne rime plus avec misère ». L’enquête expose notamment des statistiques sur les conditions de travail dans les organismes, ainsi que sur l’intérêt des gens à se doter d’un régime de retraite ou d’une assurance collective dans leur milieu de travail.

L’étude relève néanmoins des obstacles majeurs à l’instauration d’un régime de retraite et d’une assurance collective, qui concernent surtout les limites financières. Toutefois, le portrait met en lumière « un changement important dans le secteur communautaire : son développement comme secteur d’emploi » (p. 65). Selon l’étude, 15 % de la population du Québec sera considéré âgée en 2015. Entre 2005 et 2015, le ratio des personnes qui travaillent par rapport au nombre de personnes à la retraite passerait alors de quatre pour une, à deux pour une. Selon l’étude, une telle transformation générera une compétition entre les secteurs d’emploi.

« Les groupes communautaires ne feront pas exception à la règle : même si la possibilité de contribuer au « bien-être » de la collectivité demeurera une motivation pour y travailler, cela ne se fera plus aux dépens de la qualité des emplois. » (p. 14)

Parmi les commentaires émis par les gens qui ont répondu à l’enquête sur les avantages sociaux dans les organismes communautaires, il est question d’une volonté d’« agir maintenant », de « se mobiliser », de « se regrouper », de faire des « actions communes », de faire « appel à la solidarité », de « changer les mentalités : communautaire = pauvreté », etc. Il y a aussi des mentions qui soutiennent que les conditions de travail dans les organismes communautaires relèvent d’une responsabilité sociale et qu’elles sont importantes pour la rétention des ressources humaines. Aussi, nombre de commentaires s’adressent au gouvernement, réclamant un financement de base permettant d’offrir des conditions de travail convenables aux travailleuses du milieu communautaire.

Les répondantes ont également exprimé leur reconnaissance pour l’initiative qui est à l’origine de cette enquête. Elles ont aussi révélé qu’il y avait de l’espoir quant aux suites possibles de cette enquête. D’ailleurs, trois ans après la publication de l’étude, un régime de retraite a été mis sur pied pour le communautaire :

« Le 1er octobre 2008, une initiative attendue depuis bien des années a vu le jour dans le paysage communautaire québécois. Né d’un besoin fort ressenti, le mouvement communautaire québécois a réussi à se doter d’un régime complémentaire de retraite pour ses travailleuses et travailleurs, et surtout, à se doter d’un régime adapté à la réalité, aux besoins et au fonctionnement des groupes communautaires et de femmes. » (Régime de retraite des groupes communautaires et de femmes. » [En ligne], consulté le 25 août 2014)

C’est ainsi qu’en 2014, neuf ans après la publication de ce rapport et six ans après les débuts du Régime de retraite pour les groupes communautaires et de femmes, le mouvement communautaire se solidarise encore afin de former un groupe d’assurance collective pour les organismes communautaires du Québec.

Améliorer les conditions de travail d’une proportion considérable de travailleuses

Une assurance collective répond à un besoin d’améliorer la qualité des conditions de travail et favorise du même coup la rétention de la main-d’oeuvre. Quoique les personnes qui travaillent dans le milieu communautaire le fassent d’abord pour des raisons de coeur, de conviction et de responsabilisation sociale, il n’en reste pas moins important de leur offrir des conditions de travail décentes. Il n’y a pas qu’une augmentation de salaire qui puisse sécuriser et rendre un emploi attirant, mais bien un accès à une stabilité en cas de maladie prolongée, ou encore un accès avantageux à divers professionnels de la santé.

Une assurance collective qui regroupe plusieurs organisations est plus accessible et moins coûteuse. C’est pourquoi l’idée de se solidariser partout au Québec pour cette même cause est tout à fait bénéfique pour chacune des organisations et leurs employées intéressées à y adhérer.

De plus, l’étude « Pour que le communautaire ne rime plus avec misère » (2005) stipule qu’un nombre élevé de personnes travaillent dans le communautaire, soit 42 181 employées, représentant plus de 8 individus rémunérés par organisme. Les organismes communautaires offrent également une masse importante d’emplois à temps plein et d’emplois permanents.

« Les groupes communautaires se constituent donc en véritables milieux de travail qui regroupent des expertises et des ressources dont il est important de soutenir le potentiel. Les groupes eux-mêmes se perçoivent de plus en plus comme des employeurs : « Des bonnes conditions aident à garder les employées » […] Une grande majorité d’employées dans les groupes reconnaît aussi la pertinence de pouvoir accéder à ces avantages sociaux et considère que le mouvement communautaire doit se mobiliser sur cette question. » (Pour que le communautaire ne rime plus avec misère, p. 66)

Le projet est donc destiné à améliorer les conditions de travail d’une proportion considérable de travailleuses partout au Québec.